Les vergerettes

Par:  Richard Pelletier

 

Erigeron spp.

Tout comme les asters, les vergerettes (érigérons) font partie de la famille des Astéracées (autrefois appelée Composées). Elles présentent non pas des fleurs simples, mais des capitules composés chacun d’un grand nombre de fleurons tubulés et ligulés (voir l’article sur les asters pour plus de détails à ce sujet). Cependant, contrairement aux asters, les rayons des fleurs ligulées sont très étroits, plus nombreux, et répartis sur plus d’un rang. Les vergerettes se distinguent également des asters par leur floraison plus précoce durant l’été, et parce qu’elles sont pour la plupart des espèces annuelles.

Chez la vergerette annuelle (Erigeron annuus), les capitules (10 à 20 mm de large) présentent un disque central de fleurons tubulés jaunes, entouré de nombreux rayons (50 et plus) blancs ou légèrement teintés de rose. Ils sont portés au sommet de la plante (20 à 100 cm de haut) à l’extrémité de la tige légèrement pubescente, dressée et plusieurs fois ramifiée vers le haut. Les feuilles lancéolées, dentées et légèrement pubescentes à la base sont disposées de façon alterne le long de la tige. À l’automne, les akènes matures sont munis d’une aigrette surmontée de soies qui favorisent leur dispersion. La floraison a lieu de juin à octobre. Cette vergerette, considérée comme une mauvaise herbe dans les champs cultivés, affectionne aussi les lieux incultes et les bords de routes. Comme son nom l’indique, cette plante complète son cycle en une année.

Très semblable à la vergerette annuelle, la vergerette rude (Erigeron strigosus var. strigosus) s’en distingue par ses feuilles presque glabres, entières ou très peu dentées, les supérieures étant lancéolées, et les inférieures, plus larges (oblongues-spatulées). Le bouton central jaune du capitule est entouré de nombreux (50 à 100) rayons blancs ou parfois rosés. Ces caractères assez variables rendent cependant ces deux vergerettes difficiles à distinguer l’une de l’autre. Tout comme la vergerette annuelle, elle envahit les champs et les pâturages et fréquente les mêmes milieux.

La vergerette du Canada (Erigeron canadensis) présente un aspect différent des autres vergerettes. Les capitules sont très nombreux, mais également très petits (2 à 4 mm de large). Les rayons blanc verdâtre sont minuscules et peu apparents, dressés et non étalés, comme si les capitules étaient restés fermés. La tige pubescente et dressée (30 à 60 cm de haut, parfois plus d’un mètre) se ramifie dans sa portion supérieure. Les feuilles alternes et pubescentes sont étroites dans le haut de la plante, et lancéolées et dentées plus bas. Le fruit, un akène, est muni d’une petite aigrette. Cette plante, qui fleurit de juillet à septembre, affectionne les terrains secs, les prés et les lieux incultes, ainsi que les champs cultivés où elle est considérée comme envahissante.

On dit que les feuilles séchées et réduites en poudre de la vergerette annuelle et autres espèces voisines peuvent repousser les puces, d’où le nom anglais fleabane (flea=puce ; bane=fléau). Enfin, les vergerettes sont parmi les espèces où on observe la nyctinastie, phénomène par lequel les fleurs se ferment la nuit.

 

Nombreux capitules sur un même plant

Photo : Richard Pelletier

Phénomène de nyctinastie

Photo : Richard Pelletier

Feuilles dentées

Photo : Richard Pelletier

Feuille entières

Photo : Richard Pelletier

Très nombreux capitules

Photo : Richard Pelletier

Capitules très petits et peu ouverts

Photo : Richard Pelletier

Rayons rosés beaucoup plus nombreux

Photo : Richard Pelletier