Le dièreville chèvrefeuille

par Diane Barriault et Denis Paquette

Diervilla lonicera

Le dièreville chèvrefeuille est un petit arbuste indigène dépassant rarement 50 cm de hauteur. Il appartient à la famille des Diervillacées; ses feuilles sont opposées sur la tige et ont des marges finement dentées; elles sont de forme ovale, se terminant en une pointe fine, parfois pourvue de poils. Le dessus des feuilles est vert foncé, le revers plus pâle et les jeunes feuilles ont une coloration rougeâtre. On le trouve généralement dans des milieux secs, souvent à l’orée des bois où il forme des colonies par ramification de son rhizome souterrain. Il s’adapte à tous les types de sols et est peu exigeant quant à la luminosité, même s’il fleurit moins abondamment à l’ombre, il colonise les milieux nordiques incluant la forêt boréale, car sa présence est notée jusqu’à la baie James. Il est utilisé pour des projets de végétalisation et comme arbuste ornemental ici, mais surtout en Europe, où il a été introduit par le sieur de Dièreville, chirurgien et écrivain français, au retour d’un voyage en Acadie en 1700. Le botaniste Tournefort a nommé la plante en son honneur.

Ce petit arbuste fleurit en été et produit des fleurs jaunes, bisexuées, non autofertiles et en groupes de trois à cinq, le plus souvent à l’extrémité des rameaux. Elles sont formées de cinq pétales jaune pâle fusionnés à leur base, cinq étamines et un seul long style terminé par un stigmate capité (en forme de dôme). La corolle est bilabiée, avec deux pétales supérieurs et trois inférieurs. Le pétale inférieur central est souvent densément poilu. Les fleurs prennent une teinte orangée après la fécondation.

Les fruits sont des capsules sèches et allongées se terminant en un bec au bout étoilé formé par le calice desséché de la fleur. Les capsules s’ouvrent le long des divisions et libèrent leurs nombreuses graines.

Photo: Diane Barriault

Fleurs aux pétales fusionnés et au stigmate capité

Photo: Diane Barriault

Les fruits sont des capsules sèches et allongées

Photo: Diane Barriault