La grande molène

Par:  Carole Beauchesne

 

Verbascum thapsus

La grande molène est aussi appelée molène vulgaire et tabac du diable, en référence à ses feuilles semblables à celles du tabac. Cette plante bisannuelle se laisse admirer en deux temps. La première année de sa vie, elle se présente sous forme d’une rosette de grandes feuilles vert pâle très laineuses, étonnamment agréables au toucher. À sa deuxième année, après une période de dormance hivernale, cette rosette produit une très haute tige (jusqu’à 2 mètres) portant un épi de fleurs jaunes, qui produiront des graines. Un nouveau cycle débutera avec la germination de celles-ci.

Ne la cherchez pas dans les sous-bois des érablières ou en compagnie des quenouilles, car cette plante pousse en pleine lumière dans les milieux très secs, et ne tolère pas la compagnie d’autres plantes. Elle est peu exigeante quant à la qualité du sol, les bords de route ne la découragent pas ! À tel point, qu’il existe une vieille expression française qui dit  »planter des molènes » pour signifier que quelqu’un travaille pour rien, car elles poussent par elles-mêmes, même dans les milieux les plus incultes.

Les grandes fleurs jaunes de la molène vulgaire offrent un léger parfum de miel et possèdent la particularité de s’ouvrir le matin pour ensuite faner dans la soirée, après avoir été fécondées. Le lendemain, les fleurs situées juste au-dessus s’ouvrent à leur tour et flétrissent à la fin du jour, et ainsi de suite du mois de juin jusqu’au mois de septembre. Les graines qui en résultent sont très nombreuses… et patientes. Elles peuvent conserver leur pouvoir germinatif pendant plus de 20 ans.

Certaines parties de la plante (feuilles, fleurs, racines) sont réputées posséder des vertus médicinales, par exemple pour soigner le système respiratoire, mais les graines, selon certains, seraient toxiques. À l’époque médiévale, un usage de la grande molène consistait à tremper sa tige dans de la graisse de bœuf pour en faire des torches lors de fêtes religieuses. Les poils quant à eux étaient utilisés pour la confection de mèches de lampe et de bougie. Si le cœur vous en dit, vous pourriez vérifier l’ancienne croyance voulant que quiconque met le pied sur une grande molène se trouvera égaré !

 

Photo : Richard Pelletier

Rosette de la première année

Photo : Carole Beauchesne

Texture feutrée densément poilue

Photo : Richard Pelletier

Épis de nombreux boutons floraux

Photo : Richard Pelletier

Photo : Richard Pelletier

Photo : Richard Pelletier

Tige florale de l’année précédente

Photo : Richard Pelletier